Je n’ai jamais écrit pour plaire. Et je n’écrirai jamais pour plaire.
C’est peut-être pour cela que je suis encore peu lu. C’est peut-être pour cela que mes textes dérangent parfois, qu’ils ne font pas l’unanimité, qu’ils ne cherchent pas l’approbation facile. Mais j’ai la ferme conviction que la vérité ne meurt jamais. Elle peut être ignorée, combattue, rejetée, mais elle finit toujours par s’imposer, par trouver sa place, par être reconnue à sa juste valeur.
Alors oui, je suis convaincu que le temps fera son œuvre. Mes écrits trouveront leur chemin. Mon premier roman, et celui dont la parution est annoncée pour mai 2026, ne sont pas des œuvres de circonstance. Ils sont appelés à durer. Et ils seront, un jour, reconnus pour ce qu’ils sont réellement.
Ce troisième texte que j’écris en ce jour particulier, celui de mon anniversaire, ne plaira pas à tous. Mais cela n’a jamais été un critère pour moi.
Aujourd’hui, je veux rendre hommage à un homme. Un homme qui a servi. Un homme qui a porté une commune pendant dix-huit années : David Zinsou Towèdjè.
Dix-huit ans au service de Zogbodomey.
Dix-huit ans de décisions, de sacrifices, de responsabilités assumées.
Dix-huit ans à dire “bienvenue” à de nouveaux agents, mais aussi “au-revoir” à ceux qui partaient.
Je l’ai vu, de mes propres yeux, accompagner des départs à la retraite, saluer des agents admis à d’autres fonctions dans le cadre des réformes de la décentralisation, rendre hommage aux disparus. Il était toujours là.
Mais lorsqu’est venu son propre départ, le silence.
Aucun hommage à la hauteur de l’engagement. Aucune reconnaissance à la mesure du temps donné.
Et cela interroge.
Car aucun homme n’est parfait. Lui non plus ne l’est pas. Il a certainement commis des erreurs, comme en commettra l’actuel maire, comme en commettront ceux qui viendront après. C’est la condition humaine, la réalité du pouvoir.
Mais les imperfections d’un homme ne doivent jamais servir de prétexte à l’effacement de son œuvre.
Ce qui me dérange, ce n’est pas l’oubli mais plutôt l’injustice de cet oubli.
Je trouve incohérent que ceux qui ont travaillé à ses côtés, que les agents communaux, n’aient pas jugé utile de poser un acte symbolique. Car certaines reconnaissances ne doivent pas être demandées. Elles doivent être spontanées.
David Zinsou Towèdjè ne devrait pas être demandeur.
Mais j’ose croire que tout n’est pas perdu.
J’ose croire que l’actuel conseil communal, conduit par le Maire Daniel Ludovic Houéssè, un homme dont je garde de très bons souvenirs, saura agir avec responsabilité.
Pourquoi ne pas donner son nom à une salle ?
Pourquoi ne pas inscrire, quelque part, dans la mémoire institutionnelle de la commune, le nom de celui qui l’a dirigée pendant près de deux décennies ?
Faire de la salle de conférence de la mairie une salle de conférence David Zinsou Towèdjè ne serait pas un geste politique mais un acte d’humanité.
Alexandre G. Atachi, écrivain béninois

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