L’UPR et sa décision irréfléchie : quand la “haute direction” se perd dans les bassesses

Il y a des décisions qui forcent l’admiration. D’autres, en revanche, laissent perplexe. La récente sortie de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR) sur la question des démissions en fait partie. Car enfin, qui ne sait pas qu’un militant qui claque la porte d’un parti ne le fait pas par gaieté de cœur ? On quitte une formation politique lorsqu’on en a assez, lorsqu’on aspire à autre chose. Et ce n’est certainement pas une décision administrative ou un règlement intérieur qui peut freiner cette envie. Au contraire, une telle rigidité risque de pousser les démissionnaires vers l’opposition, et non vers un autre parti de la mouvance. Le comble, c’est que l’on nous répète à longueur de temps que les deux grands partis de la mouvance présidentielle roulent pour le même chef. Alors pourquoi vouloir jouer les gardiens de prison pour retenir de force ceux qui veulent partir ? N’aurait-il pas été plus intelligent de s’entendre au sommet des instances pour fluidifier les passages, au lieu de brandir une règle aussi mal inspirée que mal pensée ? Et que dire de cette fameuse “haute direction” ? À lire un tel communiqué, je me demande si elle mérite encore ce qualificatif. Car une direction qui prend des décisions irréfléchies se rabaisse d’elle-même. En vérité, cette posture de l’UPR ressemble moins à une stratégie politique qu’à une crispation maladroite. Et dans un contexte où le peuple observe, ces faux-pas ne passent pas inaperçus. La politique, ce n’est pas de la garde à vue. C’est de la respiration, du mouvement, de la liberté. Tout le reste n’est que bricolage d’appareil. Alexandre ATACHI Écrivain engagé, auteur du roman politique Les chaînes du pouvoir, paru aux Éditions L’Harmattan

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