Je refuse de choisir entre deux discours creux : mon analyse personnelle du débat (Fin)
Au terme de cette émission qui a mis face à face le porte-parole du gouvernement HOUNGBEDJI et Maître AGBODJO, il apparaît clairement que le débat, bien qu’animé et attendu, n’aura été qu’un énième duel d’ego politique, à tout point de vue, loin des véritables préoccupations des citoyens.
D’un côté, le porte-parole du gouvernement a persisté dans une posture de défense du bilan par le rappel des insuffisances des anciens régimes tout en refusant de confronter la gouvernance actuelle aux défis de 2025. Sa difficulté à répondre avec transparence sur des sujets aussi sensibles que les salaires des membres du gouvernement ou la gestion des acquis sociaux comme la gratuité de la dialyse révèle une communication enfermée dans des logiques d’autosatisfaction, loin, très loin, de la redevabilité exigée par les citoyens. Dans ses one-man-shows, surtout lors de ses lives sur TikTok, il est plus à l’aise. Là au moins, il peut esquiver les questions, comme celle que Timinni lui a posée sur Candide Azannaï.
De l’autre côté, Maître AGBODJO, dans son rôle de contradicteur, a démontré une capacité de dénonciation, mais sans stratégie offensive bien construite. Sa posture est restée figée dans une dynamique de contestation sans véritable proposition d’alternatives crédibles. À force de disperser ses critiques, il n’a pas su incarner la voix d’une opposition porteuse d’un projet structurant pour le pays. A une audience, il aurait fait mieux. Rires.
Ce débat aura donc montré, une fois de plus, que le dialogue politique dans notre espace public reste prisonnier des logiques de replis : justifications sans remise en question d’un côté, indignations sans solutions de l’autre. Pourtant, les attentes des citoyens dépassent ces querelles de positionnements.
Les populations attendent des réponses concrètes, des visions nouvelles et des engagements vérifiables sur la vie chère, l’accès aux soins, la transparence dans la gestion des ressources publiques, et la capacité à bâtir des politiques sociales durables. Il est grand temps que les acteurs politiques, du pouvoir comme de l’opposition, comprennent que le vrai terrain de la rupture ne se joue plus dans les studios d’émission, mais dans la réalité des foyers, des marchés et des centres de santé.
Alexandre ATACHI
Écrivain engagé, auteur du roman politique Les chaînes du pouvoir, paru aux Éditions L’Harmattan

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