« Le Bénin doit demeurer un îlot de sagesse » : l’appel fort de Dah Djomanmousso lors des 313 ans de l’Islam au Dahomey
À Abomey, lors de la cérémonie de commémoration des 313 ans de la
pénétration de l’Islam dans le Royaume du Dahomey, Sa Majesté Dah Djomanmousso,
Président de l’ORITRAB, a livré un discours mémorable, appelant à la
préservation de l’unité spirituelle béninoise. Face aux menaces de division et
de radicalisme, le dignitaire traditionnel a lancé un plaidoyer pour un
dialogue sincère entre les confessions et une reconnaissance mutuelle des
héritages religieux.
À l’invitation de la Fondation MALEHOSSOU, l’événement, tenu à Abomey, haut
lieu de mémoire et d’histoire, a rassemblé des figures religieuses, politiques
et coutumières dans un esprit de communion nationale. Si la cérémonie était
dédiée à la mémoire de l’acte historique posé par le Roi Agadja, en accueillant
les premiers prédicateurs musulmans, elle fut également l’occasion de souligner
l’héritage pluriel du Bénin, creuset de foi et de cohabitation pacifique.
Prenant la parole au nom de l’ORITRAB, Dah Djomanmousso a salué le génie spirituel du
peuple béninois, qui, selon lui, a toujours su faire dialoguer
les croyances sans jamais les opposer. « Ici, chrétiens, musulmans et adeptes
des religions endogènes prient sous un même ciel, veillent sur une même terre,
pleurent les mêmes douleurs et rêvent les mêmes espoirs », a-t-il déclaré
devant une assemblée attentive.
Mais au-delà des hommages, le dignitaire a également lancé un appel fort à la
vigilance face aux menaces contemporaines : radicalismes,
instrumentalisation religieuse, manipulations identitaires. Il a exhorté chaque
communauté à aller au-delà de la tolérance passive pour bâtir une vraie conscience
spirituelle partagée, ancrée dans l’histoire, la culture et le
respect de l’autre.
« Nous ne devons pas laisser les vents du fanatisme souffler sur notre
maison commune. Le Bénin doit demeurer un îlot de sagesse dans un monde
troublé », a-t-il martelé. Fidèle à la mission de l’ORITRAB, il a rappelé que les
religions endogènes sont des piliers invisibles de la paix au Bénin.
La cérémonie, marquée par la lecture collective du Coran, des temps de
prière interreligieuse et des discours de leaders politiques et religieux, a
ainsi pris une dimension exceptionnelle grâce à cette parole issue de la
tradition. En associant histoire, foi et dialogue interspirituel, elle a rappelé que la paix au Bénin
repose autant sur les institutions que sur les voix sages qui s’élèvent pour maintenir
la cohésion du tissu social.
In fine, alors que s’annoncent les échéances électorales de 2026, la
prière de Dah Djomanmousso s’élève comme un souffle d’alerte et d’espérance : que
le Bénin puise dans ses racines spirituelles la force d’organiser des élections
apaisées, et que ses leaders deviennent des gardiens du bien commun, non les
artisans de la discorde.





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