65e anniversaire de l’indépendance : Le message fort et sans détour d’Achille Pacôme Loko


À l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance du Bénin, Achille Pacôme Loko propose une réflexion à la fois politique et existentielle sur le sens profond de cette indépendance. Il interroge les fondements de notre souveraineté, remet en cause les accords coloniaux encore en vigueur, et plaide pour un changement de paradigme. Une invitation à repenser le développement du Bénin à partir de ses réalités propres, de sa culture, et de l’histoire de son peuple.

 

Lire le message en intégralité :

Mes chers compatriotes,

 

Le 1er août 1960, le Bénin, alors Dahomey, accédait à l’indépendance. Soixante-cinq années sont passées. Soixante-cinq ans d’aspirations, de luttes, d’espérances, parfois trahies, parfois fécondes. Mais au seuil de cette commémoration, une question légitime, presque douloureuse, s’impose à nous tous : avons-nous conquis, au-delà des apparences, notre véritable indépendance ?

 

On peut être libre de nom et toujours enchaîné de fait. L’indépendance ne se mesure pas à l’agitation des drapeaux ni aux parades militaires. Elle se vit. Elle s’assume. Elle se construit par la maîtrise de son destin, la souveraineté sur ses choix économiques, la lucidité sur son système éducatif, et la capacité à parler au monde sans complexe, à partir de soi.

 

La dépendance structurelle dans laquelle nous nous trouvons encore, économique, monétaire, intellectuelle, est un héritage que nous devons avoir le courage de revisiter. Car comment parler d’indépendance lorsque nos matières premières sont bradées, lorsque nos monnaies sont pensées ailleurs, lorsque nos modèles de développement sont calqués sur des schémas qui ne tiennent aucun compte de nos réalités profondes ? La vérité, c’est que nous ne sommes indépendants que d’apparence. L’ossature du système colonial n’a pas été démantelée ; elle a simplement changé de visage.

 

Et pourtant, nous avons les moyens de rompre ce cycle. Le génie béninois est vivant. Il s’exprime dans nos villages, dans nos universités, dans nos marchés, dans nos traditions. Mais pour qu’il éclate, il faut un nouveau souffle. Un projet politique audacieux, enraciné, résolument tourné vers nous-mêmes.

 

Je fais partie d’une génération qui refuse d’être le rouage docile d’un système injuste. Formé ici et à l’étranger, j’ai vu comment d’autres peuples ont su prendre appui sur leur culture pour inventer leur développement. Aux États-Unis, où j’ai vécu, j’ai observé avec admiration cette capacité des communautés à se construire, à s’unir, à prendre leur destin en main sans attendre d’être “autorisées”. C’est cet esprit de responsabilité que je veux ramener ici.

 

Le Bénin ne peut plus continuer à sous-traiter ses rêves. Il nous faut réorienter notre système éducatif vers l’autonomie, la création et la culture. Il est impensable qu’un enfant béninois connaisse mieux la Révolution occidentale que la résistance de Bio Guéra ou les conquêtes de Béhanzin. Nous devons également repenser notre système de santé, réhabiliter les savoirs médicaux traditionnels, les valoriser scientifiquement, et les rendre compatibles avec la médecine moderne.

 

Notre pays ne se développera pas par des plans d’ajustement imposés, ni par une économie extravertie. Il faut un développement endogène, pensé avec les nôtres, basé sur nos ressources, nos valeurs et nos priorités réelles.

 

Et pour y arriver, nous devons d’abord nous affranchir des chaînes invisibles que nous portons : les accords coloniaux obsolètes, les modèles imposés, la peur d’oser autrement. Ces freins doivent être remis en cause avec courage et rigueur.

 

Je m’engage devant vous, solennellement, à porter cette scission. Non par populisme. Mais parce qu’il y va de notre survie. Ma candidature n’est pas une quête personnelle de pouvoir, mais un projet de refondation nationale. Je veux remettre la culture au cœur de nos politiques publiques, faire de la jeunesse un levier et non un lest, restaurer l’honneur dans nos institutions, et faire du Bénin un exemple de souveraineté assumée en Afrique.

 

Car, soyons clairs : l’indépendance n’est pas un souvenir ; elle est un combat. Et ce combat est encore devant nous.

Ce 1er août 2025, alors que nous fêtons nos 65 ans de souveraineté politique, je vous invite à une introspection collective. Que chacun se demande : “que puis-je faire pour que mon pays soit véritablement libre ?” Car un peuple ne devient adulte que lorsqu’il cesse de chercher des sauveurs, et décide enfin de se sauver lui-même.

 

Je rêve d’un Bénin debout, digne, fort, souverain. Ce rêve n’est pas une utopie. Il est une direction. Et je suis prêt à l’emprunter avec vous.

 

Bonne fête de l’indépendance à toutes et à tous.

Vive le Bénin libre !

Vive l’Afrique réconciliée avec elle-même !

Achille Pacôme Loko, membre du Parti Les Démocrates 

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