Entreprendre ou attendre ? Ces jeunes Africains qui n’ont pas hésité.


 



Selon la Banque africaine de développement, 22 % des jeunes africains qui travaillent sont entrepreneurs. Pourtant, le taux d’échec reste élevé, faute de financement et d’accompagnement.

Au Bénin comme en République démocratique du Congo, des jeunes entrepreneurs osent défier les obstacles et dessiner leur propre avenir. Portrait croisé de deux d’entre eux, Rock Aristide Agboton et Akilimali Victor, qui symbolisent une jeunesse africaine décidée à créer plutôt qu’attendre.

Au Bénin, Rock Aristide Agboton a compris très tôt que « le monde est dirigé par les entrepreneurs ». En 2015, il fait ses premiers pas avec un dépôt Fanmilk, avant de s’orienter vers le transfert d’argent et la gestion immobilière. Sans financement initial, sans mentor ni accompagnement technique, il s’est forgé seul, animé par une conviction forte : la jeunesse ne doit pas attendre un moment parfait qui n’arrivera jamais.

« Le temps n’arrivera jamais. Alors, la jeunesse doit oser et commencer petit », martèle-t-il. Pour Rock, les freins sont nombreux : accès difficile au financement, absence d’encadrement et soutien familial limité. Pourtant, grâce à ses compétences en développement personnel et professionnel, il a su tenir le cap. Son ambition ? Devenir un exemple vivant pour sa génération et démontrer que tout est possible, même dans un environnement peu favorable.

À plus de 2 000 kilomètres de là, à Bukavu, en RDC, Akilimali Barasima Victor, 24 ans, mène un combat similaire. Issu d’un milieu modeste, il se lance dans l’entrepreneuriat à 20 ans, poussé par un profond désir de changer sa vie et celle de sa communauté.

Sa première initiative ? La fabrication de foyers améliorés écologiques. Mais c’est en 2023 qu’il marque un tournant décisif en créant Kwetu Education Company, une entreprise spécialisée dans l’accompagnement éducatif et le renforcement des capacités. Conférences, formations, séances de tutorat : Victor veut « réveiller la société », apporter des solutions concrètes et impulser un nouvel état d’esprit chez les jeunes.

Face aux défis, notamment le manque flagrant de financement, Victor n’a jamais baissé les bras. Il mise sur la résilience, la discipline et le travail acharné. Il voit déjà son entreprise devenir une référence en RDC, en Afrique, voire à l’échelle mondiale. Ses ambitions à long terme vont bien au-delà du succès personnel : il rêve de créer un impact durable, de devenir mentor et d’inspirer des générations entières.

Malgré les différences de contexte entre le Bénin et la RDC, les deux jeunes entrepreneurs partagent une même réalité : le chemin vers la réussite est semé d’embûches. Tous deux soulignent la faible solidarité entre jeunes entrepreneurs africains, souvent freinés par la peur de la concurrence et le manque de collaboration.

Ils s’accordent cependant sur une leçon essentielle : il faut sortir de sa zone de confort, oser et croire fermement en ses rêves. Pour Rock, cela commence par inculquer l’esprit entrepreneurial dès le secondaire. Pour Victor, cela passe par la passion, la persévérance et un apprentissage constant.

En définitive, ces témoignages rappellent que l’entrepreneuriat n’est pas une affaire d’attente, mais d’action. Une invitation vibrante à la jeunesse africaine à se lever et bâtir son propre destin, dès aujourd’hui.

 


Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Dah Djomanmousso, le chercheur qui veut démystifier la sorcellerie

Dah Djomanmousso signe son entrée dans l’univers littéraire avec La sorcellerie, vecteur de la science (L’ouvrage est préfacé par le professeur Babou Niang)

Interdiction des publicités sur les produits de santé : l’ORITRAB applaudit la décision de la HAAC et dévoile ses grands chantiers