Divertir sans détruire : la campagne s’achève, le débat doit commencer



Divertir sans détruire : la campagne s’achève, le débat doit commencer

Pendant trois jours, j’ai choisi de porter dans l’espace public une réflexion qui me paraît essentielle : quelle influence les contenus culturels et numériques exercent-ils aujourd’hui sur notre jeunesse ?

Cette campagne virtuelle prend fin ce jour. Mais la question qu’elle soulève demeure.

Dans un environnement où les jeunes sont quotidiennement exposés à la musique, aux clips, aux réseaux sociaux, aux influenceurs et à une multitude de contenus numériques, il devient nécessaire de s’interroger sur les modèles et les comportements que nous contribuons collectivement à mettre en avant.

Il ne s’agit pas de faire de la musique, des réseaux sociaux ou des créateurs de contenus les responsables de tous les problèmes de société. Il ne s’agit pas davantage de remettre en cause la liberté de création ou la liberté d’expression.

Il s’agit de responsabilité et de prévention.

Lorsque certains comportements à risque, la vulgarité, l’hypersexualisation ou encore des représentations dévalorisantes des rapports entre les hommes et les femmes sont régulièrement présentés comme des modèles de réussite, de modernité ou de divertissement, nous devons avoir le courage d’en mesurer les conséquences possibles sur les plus jeunes.

C’est dans cet esprit qu’une lettre a été adressée à plusieurs institutions du pays, notamment à l’Institut National de la Femme, afin d’appeler à une réflexion institutionnelle sur cette problématique.

La démarche proposée ne vise pas la censure. Elle invite plutôt à renforcer la sensibilisation des artistes, producteurs, influenceurs, médias, parents et acteurs de la jeunesse, afin que chacun puisse prendre davantage conscience de l’impact social des contenus diffusés.

Les pouvoirs publics ont également un rôle à jouer dans le choix des personnes et des productions auxquelles ils accordent une visibilité dans leurs propres activités. Les familles, de leur côté, doivent pouvoir être mieux accompagnées pour aider les enfants et les adolescents à développer un regard critique sur ce qu’ils regardent et écoutent.

Une campagne qui appelle désormais à l’action

Ces trois jours n’avaient pas pour ambition de régler une question aussi complexe.

Ils avaient simplement pour objectif d’ouvrir un débat.

Un débat qui doit désormais dépasser les réseaux sociaux et réunir les institutions, les professionnels de la culture, les médias, les éducateurs, les parents, les organisations de jeunesse et les créateurs de contenus.

Notre pays possède des artistes et des créateurs capables de divertir tout en transmettant des messages positifs et en valorisant la dignité, le respect et la responsabilité.

Nous devons donc encourager cette voie.

La campagne s’achève aujourd’hui, mais la réflexion ne doit pas s’arrêter.

Protéger notre jeunesse ne signifie pas lui fermer les portes du divertissement. Cela signifie lui offrir un environnement dans lequel la liberté, la créativité et la responsabilité peuvent avancer ensemble.

Car derrière cette réflexion, il y a une question essentielle : Quelle jeunesse voulons-nous contribuer à construire ?


Alexandre G. ATACHI

Journaliste - Écrivain

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