Et si TALON avait eu raison d’imposer son WADAGNI?
Alors que je m’apprêtais à refermer mon ordinateur, vers une heure du matin ce dimanche 12 octobre, une notification retient mon attention : le secrétaire à la communication du parti Les Démocrates venait d’annoncer le report du conseil national, celui-là même qui devait consacrer la présentation du duo retenu pour la présidentielle de 2026.
À la lecture de ce énième report, une pensée a traversé mon esprit, aussi brève qu’un éclair : et si TALON avait eu raison d’imposer son WADAGNI ?
En y réfléchissant, le doute se transforme peu à peu en intuition. Car si Patrice TALON avait laissé aux formations de sa mouvance le soin de désigner leur candidat, l’épreuve du consensus aurait sans doute tourné à l’impasse. Trop d’ego, trop d’évidences, trop de centres de gravité pour espérer un alignement spontané. Dans un contexte où chacun s’imagine providentiel, la parole tranchée devient parfois l’unique issue. En imposant son choix, Talon n’a peut-être pas étouffé la démocratie interne : il a évité son naufrage. Il a substitué au consensus introuvable un consensus imposé, dans la droite ligne de cette lecture que fait l’honorable Armand GANSE : « La parole de TALON fait loi. »
Certes, la pilule fut amère. Mais, à la manière des vérités que l’on refuse avant de les reconnaître, elle finira par être avalée. Et WADAGNI, fin stratège, aura le temps de s’imposer, non par décret présidentiel, mais par la logique de l’action et de la constance.
Cette situation révèle, en filigrane, une autre vérité plus profonde : l’Africain, dans sa quête du pouvoir, peine encore à s’oublier au profit de l’autre. L’intérêt collectif cède trop souvent la place aux ambitions personnelles. Le sacrifice de soi pour l’élévation d’un autre demeure un exercice presque impossible, tant nos sociétés valorisent le “moi” conquérant plutôt que le “nous” bâtisseur.
Sous cet angle, il faut reconnaître à Patrice TALON une forme de clairvoyance, ce génie de lecture des mentalités collectives qui fait les hommes d’État.
Mais s’il a eu raison d’agir ainsi, alors il a, paradoxalement, eu tort d’instaurer une loi sur les primaires au sein des partis politiques. Une loi séduisante dans l’esprit, mais déconnectée de la réalité : celle d’un peuple encore en apprentissage de la démocratie de l’altruisme, celle où la grandeur se mesure à la capacité de s’effacer.
Et si la maturité politique africaine, en fin de compte, consistait à apprendre à perdre, non pour s’humilier, mais pour grandir ?
Tout en faisant le voeu que le parti Les Démocrates arrive au consensus, je vous laisse méditer. Et j’attends, curieusement, de lire vos réflexions.
Alexandre ATACHI

Commentaires
Enregistrer un commentaire